Partager l'article ! 03 Octobre 2010, Phnom Penh Cambodge: Chris est assez pressé par le temps et ne peut pas se permettre de passer plus d’une sema ...
Chris est assez pressé par le temps et ne peut pas se permettre de passer plus d’une semaine au Cambodge. Cela tombe bien car c’est exactement le temps que j’avais prévu aussi. Sarah, qui nous quitte à la fin du Cambodge pour aller directement en Thaïlande tandis que nous irons au Laos, se plie à notre planning sans hésitation. Nous avons donc décidé de passer un jour à Phnom Penh, les échos que nous avons eu d’autres voyageurs ne nous encourageant pas à rester beaucoup plus longtemps. Par ailleurs, 7 jours est le temps moyen que passe un voyageur au Cambodge.
Le programme de la journée sera donc bien plein. Nous partons avec le touc-touc d’un des employés de notre guest house, Pauli. Nous suivons ces conseils et allons aux champs de tirs avant de faire toutes les autres visites, nous comprendrons pourquoi par la suite… Au Cambodge on peut tirer avec toutes les armes que l’on veut à partir du moment ou l’on a l’argent ! 350 dollars pour une rocket au bazooka, 80 dollars pour une grenade… Nous ne voulons pas mettre autant et prenons chacun une arme que nous nous partagerons à tour de rôle ; Sarah choisie le M16 (25 balles), Chris prend le AK47 (15 balles) et je prends le fusil à pompe (5 balles seulement). Après avoir enfilé nos vestes et protège oreilles, passé la séance photos, nous prenons positions sur la table prévu à cet effet pour le M16. Ce fusil, utilisé par l’armée américaine est appelé le fusil pour femmes par les employés car il n’y a aucun retour de force. L’AK47, l’arme russe par excellence que nous essayons ensuite est sans aucun doute plus puissante. Nous finissons par le fusil à pompe, cette fois nous tirons debout et le recul est vraiment puissant !! Bonne partie de plaisir même si le prix reste un peu exagéré, mais bon, on ne tire pas tous les jours avec ces engins de guerre !
Nous prenons ensuite la route des « Killing fields » que je traduirais par « le champ des morts ». Le Cambodge, anciennement appelé « Khmer » était une colonie française tout comme l’était le Vietnam. Il obtint son indépendance en 1953, soit un an avant que le Vietnam ne soit indépendant à son tour suite au départ des militaires français. Lors de l’occupation française le Cambodge était gouverné par un roi, le régime resta inchangé après le retrait de nos troupes. Le pays fut ensuite un allié des U.S.A et il laissa donc les forces U.S occuper son territoire le long des frontières durant la guerre du Vietnam. Un petit groupe armé appelé les « Khmers rouges » reconnaissable par un ruban rouge autour du coup, formé principalement de jeunes âgés de 15 à 20 ans et issus des campagnes vit doucement le jour. Leur chef, Pol Pot était une personne très cultivé qui vivait et avait étudié à Paris. En 1975, lorsque les États-Unis quittèrent le Vietnam et par la même le Cambodge, cette armée au penchant totalement communiste en profita pour sortir de son trou et en quelques jours Phnom Penh et l’armée du Cambodge tomba. Les frontières et écoles furent fermées, les relations internationales et commerce extérieur coupés. S’en suivirent 4 années d’atrocité pour les habitants du Cambodge, au point que cela soit reconnu comme un génocide par les autorités internationales… Le pays comptait 7 millions d’habitants, une moitié d’origine chinoise suite à plusieurs exodes et l’autre moitié étant de « vrais Khmers ». Au total, les « Khmers rouges » et leurs dirigeants tuèrent 3 millions de leurs confrères, soit 43% de la population ! Pol Pot était un fan de Mao et voulait faire du Cambodge un pays autosuffisant, fait de paysans facile à contrôler, comme l’étaient d’ailleurs tous les hommes de son armée. Il emprisonna, tortura et tua toutes les têtes pensantes du pays, médecins, ingénieurs, politiciens… Il ordonna ensuite un exode des grandes villes vers les campagnes et força les gens à travailler dans les rizières. Beaucoup de gens décédèrent par manque de nourriture, comme ce fut le cas de la sœur de notre guide qui avait les larmes aux yeux en nous racontant cela. En 1978, un rebelle, qui est maintenant l’actuel 1er ministre Cambodgien demanda de l’aide au Vietnam. Les forces vietnamiennes rentrèrent au Cambodge fin 1978 et en Janvier 1979 le pays fut libéré de l’oppression des « Khmers rouges ». Tous les dirigeants furent arrêtés sauf Pol Pot qui se cacha dans la jungle près de la frontière Thaïlandaise et qui mourût de vieillesse… Le Vietnam occupa pendant 10 ans le pays afin de repeupler le Cambodge de ses « intellectuels », l’ONU ne débarquant qu’après cette période, on pourrait d’ailleurs se demander pourquoi tout ce temps de réaction… !?. Bref, le pays est aujourd’hui encore une royauté à l’image de l’Angleterre et de la Belgique, le roi n’ayant quasi aucun pouvoir politique.
Voilà pour l’histoire du pays. Nous en étions donc aux « killing fields ». C’est ici, à 15km de Phnom Penh, que les prisonniers « politiques » étaient emmenés avec toute leur famille, femmes et enfants pour être exécutés et enterrés par groupe dans des trous profonds de plusieurs mètres. Il y a en tout 343 champs comme cela à travers le pays mais celui-ci est le plus impressionnant. Près de 20 000 personnes ont été tués et répartis dans 86 trous là même ou se situait un cimetière chinois auparavant. Les « Khmers rouges » pensaient cacher les corps plus facilement ainsi. Par ailleurs, n’ayant pas beaucoup de munitions, les prisonniers étaient attachés les mains dans le dos et tués à coup de bambous puis jetés dans les trous parfois juste inconscient et recouvert d’autres corps. Les bébés eux étaient fracassés contre des arbres puis jetés avec leurs parents. Sur ce site, quelques trous sont encore visibles, des dents jonchent le sol lorsque nous nous promenons dans les fines allées et des restes de vêtements et os remontent de temps en temps à la surface suite à de fortes pluies. Le plus important des trous comptent 450 victimes… Au centre du site, un bâtiment de 17 mètres de haut abrite les cranes et ossement de 9000 corps retrouvés dans ces « tombes ». Les « Khmers rouges » étaient aussi cruels avec leurs traitres. En effet, un trou a été trouvé avec 160 corps décapités portant l’uniforme Khmer. Ils auraient été décapités avec des feuilles de palmiers, à ma surprise effectivement très tranchante, mais pas assez pour ne pas faire souffrir le pauvre malheureux… Autant dire que malgré l’heure, l’appétit n’est pas là et nous remontons à bord de notre véhicule pour la suite de la visite. Vous comprenez maintenant à votre tour pourquoi le champ de tir était à faire au tout début de la journée.
Nous arrivons à la prison S-21, la plus grosse prison du pays à l’époque et qui était avant la guerre, une école importante. Ici 10 000 prisonniers ont séjourné entre 2 à 6 mois chacun, ont été torturés, avant d’être envoyés vers les « killing fields ». Les bâtiments regorgent de photos des anciens détenus, de scènes de tortures… prises, et c’est là ou on se dit qu’ils étaient vraiment pas net, par les matons eux-mêmes car ils tenaient des « dossiers » sur chacun des prisonniers…
Retournés, nous décidons d’aller nous détendre avec un massage particulier. 1 heure de massage donné par des aveugles respectant une méthode japonaise. Nous devons nous vêtir d’une tenue verte, un peu comme un interne en médecine mais le massage en vaut la peine. Nous rentrons enfin à l’hôtel, détendus mais avec pleins d’images dans la tête…
La nourriture dans la rue est toujours bonne quelque soit le pays, Inde, Vietnam, Cambodge… et pas cher… nous allons donc manger dans la rue avec Tom, un anglais rencontré le matin aux « champs des morts ». Il nous donne plusieurs conseils pour le Laos et nous recommande un endroit pour travailler car Chris et moi avons l’intention de bosser une petite semaine là bas. Cette rencontre, en plus d’être sympa, fut très intéressante pour nous de ce point de vue. La vie nocturne est plutôt calme ici, nous en profitons pour rentrer tôt.
Nombre de pays traversés : 23
Nombre de kilomètres parcourus : 42 500
Nombre de fois malade : Yann 1 - 1 Alexis
Tu fais un crochet par la Birmanie? Quand penses tu être en Australie?
En revanche je crois qu'on définitivement perdu le Yann, dépassé par sa folle histoire d'amour :)
desole, le temps passe si vite. Voici la 1ere partie des articles, je m'excuse par avance pour les fautes d'orthographes.
La suite demain soir normalement...